TECHNIQUES DE RÉALISATION DE ZAÏ

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TECHNIQUES DE RÉALISATION DE ZAÏ

Ce tutoriel sur les techniques de réalisation des zaï a été mis à disposition par notre partenaire APAF Internationale (Association pour la promotion de l'agroforesterie et des arbres fertilitaires).

 

Le zaï est une technique culturale traditionnelle originaire d'Afrique de l'Ouest (Mali, Niger, Burkina Faso) aujourd'hui principalement pratiquée par la population du Nord du Burkina Faso (Yatenga). Elle y est réapparue dans les années 1980 à la suite des périodes de sécheresse connues dans l'ensemble du Sahel après avoir été plus ou moins abandonnée à la suite de périodes d'abondance (1950-1970), de l'éclatement des familles et de la mécanisation de la préparation des nouveaux champs.

En langue Mooré, "zaï" vient du mot « zaïégré » qui veut dire « se lever tôt et se hâter pour préparer sa terre » .

Le zaï est une forme particulière de culture en poquet permettant de concentrer l'eau et la fumure (1 à 3 t/ha) dans des microbassins (30 à 40 cm de diamètre, 10 à 15 cm de profondeur) creusés à la daba (pioche à manche court) en quinconce tous les 80 cm où les graines seront semées.

 

DEUX TECHNIQUES DE ZAÏ

1. Le Zaï manuel

Système traditionnel de réhabilitation de la productivité des terres pauvres et encroûtées de certains espaces appelés " Zippéllé "qui consiste à creuser manuellement des trous pour y concentrer les eaux de ruissellement et les matières organiques.

PRATIQUE:

  • Préparer la terre très tôt dans la saison sèche de novembre à juin,
  • Creuser manuellement à l'aide de daba (houe à manche court) tous les 70-100 cm, des cuvettes de 20 à 40 cm de diamètre, de 15 à 20 cm de profondeur en rejetant la terre en croissant vers l'aval, en vue de capter les eaux de ruissellement
  • Dès les premières pluies, déposer de la matière organique (300 à 600g/trou ou une à deux poignées de fumier/compost par trou de semis);  
  • Recouvrir la matière d’une fine couche de terre (5cm);
  • Après les premières pluies ou environ deux semaines après l'apport de matière organique, semer en poquets une douzaine de graines en  fonction de la semence.

 

2. Le Zaï mécanisé

PRATIQUE:

  • Le premier passage est fait dans le sens de la pente : l’écartement entre passage correspond à l’écartement entre poquets.
  • Le second est perpendiculaire à la pente et croise le premier. Les écartements entre passage correspondent aux écartements entre lignes de semis.

NB: A l'intersection des 2 passages se trouve la cuvette de zaï : on excave la terre des points d’intersection et on la dépose en aval de chaque cuvette.

 

EFFETS POSITIF DE LA TECHNIQUE DU ZAÎ

  • Augmente considérablement les rendements si elle est associée à l’ajout de matière organique, à l’utilisation de cordons pierreux ou de demi-lunes
  • Diminue l’érosion de la terre
  • Infiltre l’eau de pluie dans le sol
  • Piège les sédiments riches en minéraux transportés par l’eau
  • Crée des conditions favorables à la revégétalisation des zipellés
  • Augmente les surfaces cultivées et les rendements des céréales
  • Réduit l'impact négatif des aléas climatiques et sécurise la production.

 

ZAÏ EN AGROFORESTERIE

On peut utiliser la même technique pour semer des graines d'arbres ou d'arbustes. Le zaï peut être amélioré par une technique de cordon pierreux améliorant la lutte contre le ruissellement.

 


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